Le SOPK est déséquilibre hormonal qui touche en France plus d’une femme sur sept. Si ce trouble est si commun pourquoi reste-t-il si peu connu ? Quelles solutions proposer aux patientes ?

Qu’est-ce que le SOPK ?

 

Le SOPK est avant tout un syndrome et non pas une maladie : c’est-à-dire qu’il correspond à un ensemble de symptômes dont les causes sont communes mais dont les expressions peuvent varier d’une patiente à l’autre.

Le Syndrome des Ovaires polykystiques ou Syndrome Stein-Leventhal est dû à un déséquilibre hormonal ayant pour origine soit les ovaires en eux-mêmes soit le système nerveux central (glande hypophyse). Il entraine une production excessive d’hormones masculines par les ovaires et/ou par les glandes surrénales, en particulier de testostérone, habituellement produites en faible quantité dans l’organisme féminin. Il en résulte une élévation du taux de testostérone dans le sang des femmes concernées. Cette « hyperandrogénie » (trop d’hormones masculines) cause des dérèglements de la fonction reproductrice : l’ovulation n’a pas lieu ou alors difficilement.

Les cycles menstruels sont longs et irréguliers voire parfois absents ce qui a pour conséquence une infertilité relative. L’excès d’androgène peut également causer de l’acné hormonale concentrée sur les joues et la partie inférieure du visage mais aussi un développement anormal de la pilosité ou hirsutisme dans des zones peu concernée chez la femme (visage, nombril, torse). Une alopécie (perte de cheveux anormale) peut accompagner ou non l’acné et la pilosité excessive.

Les causes du SOPK

 

A l’heure actuelle, la communauté scientifique n’a pas trouvé d’origine définie à ce trouble de la fertilité féminine. Le syndrome a des causes multiples, à l’heure actuelle, la communauté médicale s’accorde sur 3 pistes possibles :

  • Une prévalence de la génétique : « Le SOPK est caractérisé par une forte composante héréditaire : entre 60 à 70% des filles nées de mères atteintes d’un SOPK développent des symptômes. Pourtant, les analyses génétiques n’ont pas permis l’identification de « gènes du SOPK ». « Certes, une vingtaine de gènes de prédisposition sont aujourd’hui connus, mais ils expliquent moins de 10 % des cas. D’autres facteurs sont donc nécessairement impliqués dans l’héritabilité de ce syndrome. » « En cause, une hormone produite par les ovaires et impliquée dans leur fonctionnement : l’hormone anti-müllerienne (AMH). Chez les patientes souffrant d’un SOPK, l’AMH présente une concentration sanguine deux à trois fois plus élevée, directement liée à la sévérité de la maladie. » Cet excès de l’AMH serait en lien direct avec un manque de testostérone dans l’organisme de la mère durant la grossesse. Cette modification hormonale entrainerait la mutation d’une centaine de gênes tous plus ou moins impliqués dans les mécanismes de fertilité.
  • Une influence importante de l’épigénétique : L’épigénétique correspond à l’étude des changements dans l’activité des gènes, qui n’impliquent pas de modification de la séquence d’ADN. Ces modifications sont influencées par notre environnement direct et sont réversibles. Dans le cas du SOPK, différents facteurs vont influer sur l’expression de nos gènes : stress chronique, alimentation hypercalorique trop riche en sucres et en gras, médicaments, inflammation chronique, alcool, tabac, drogues…
    Les chercheurs s’accordent à dire que le stress chronique, l’anxiété et/ ou la dépression sont des symptômes communs du SOPK sans pour autant arriver à faire un lien direct entre une surexposition prolongée à des facteurs de stress et le déclenchement de la maladie.
  • Une surexposition aux perturbateurs endocriniens : des facteurs environnementaux tels que les perturbateurs endocriniens sont également soupçonnés de jouer un rôle dans l’apparition de la maladie : ces composés affectent potentiellement différentes fonctions de l’organisme : métabolisme, fonctions reproductrices, système nerveux… Il se cachent en particulier dans nos : ustensiles de cuisine (plastique), vêtements, draps et serviettes, cosmétiques (visage et corps), nos aliments (pesticides)…

La maladie est le plus souvent déclarée à la puberté avec l’arrivée des premiers cycles menstruels ou bien masquée par la prise précoce d’un contraceptif hormonal et découverte à l’arrêt de celui-ci, bien souvent dans un désir de concevoir mis en échec par l’apparition des symptômes en lien avec le SOPK.

Symptômes et diagnostic du SOPK

 

Les principaux symptômes du SOPK sont d’ordre hormonal : absence de règles ou règles très irrégulières preuves d’une absence ou d’une irrégularité de l’ovulation, signes cliniques d’un excès d’hormones masculines (acné, pilosité excessive, perte de cheveux), troubles de la fertilité (aucune grossesse naturelle après 24 mois de rapports non protégés).

Le SOPK peut s’accompagner d’un surpoids mais pas dans tous les cas, rendant parfois difficile le diagnostic des femmes minces voire très mince . Lorsque la patiente est en surpoids ou obésité, c’est le plus souvent en lien avec une résistance à l’insuline qui pourrait dégénérer en diabète de type 2 si des mesures d’hygiène diététique ne sont pas adoptées.

D’autres symptômes ont été recensés en lien avec ce syndrome dont notamment : des troubles digestifs (douleurs, dysbioses, transit perturbé, ballonnements…), ainsi que des troubles anxieux et dépressifs en lien avec la détérioration de l’image de soi de la patiente.

Au vue des variations dans l’expression de la maladie (symptômes, causes), la communauté médicale a cherché à poser des critères généraux afin de pouvoir poser un diagnostic.

En 2003 a eu lieu un congrès médical à Rotterdam, lors duquel ont été déterminés 3 critères objectifs permettant de poser le diagnostic du syndrome Stein-Leventhal.

En 2013, la Société américaine d’endocrinologie a établi de nouvelles recommandations pour le diagnostic du SOPK, puis elles ont été adoptées en 2014 par la Société européenne d’endocrinologie. Désormais, pour être diagnostiquée en tant que patiente SOPK, il vous faut remplir deux des trois critères suivants :

  • Une hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné, alopécie androgénique) ou biologique = excès d’hormones masculines confirmées ou non par la prise de sang ;
  • Une oligo-anovulation (ovulation irrégulière ou absente). Selon les critères de Rotterdam, des cycles inférieurs à 21 jours ou supérieurs à 35 jours sont considérés comme anovulatoires ;
  • À l’échographie endovaginale, la présence d’au moins un ovaire avec plus de 20 follicules de 2 à 9 mm et diamètre et/ou un volume ovarien supérieur à 10 ml sans présence de kyste ou de follicule dominant = apparence des ovaires polykystiques.
    ATTENTION : La seule présence de follicules immatures ne saurait en aucun cas caractérisé un SOPK.

Les examens pratiqués sont les suivants : un bilan biologique pour rechercher la présence excessive d’androgènes, un examen clinique d’exploration de la pilosité et une échographie pelvienne pour révéler l’apparence polykystiques ou non des ovaires.

Le bilan biologique est pratiqué, entre le 2e et le 5e jour du cycle. Chez les patientes qui n’ont pas de règles, celles-ci sont provoquées par un traitement à base de progestérone administré pendant 10 jours.

Ce bilan comporte le dosage de la FSH et de la LH, deux hormones produites par l’hypophyse, une glande située à la base du cerveau, qui contrôlent la production hormonale ovarienne et le cycle ovarien. Plusieurs autres molécules sont également dosées : prolactine, testostérone, delta 4 androsténedione, SDHA, 17 bêta-œstradiol, 17 hydroxy progestérone, TSH, et parfois la glycémie et l’insulinémie.

En cas de SOPK, les résultats montrent :

  • une inversion du rapport FSH/LH ;
  • une élévation des androgènes ;
  • une tendance au diabète et à l’hyperinsulinémie.

Les critères ont beau être les mêmes pour toutes les patientes, les symptômes développés varient d’un cas à l’autre ne permettant pas une hégémonie du tableau clinique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’on peut regrouper le SOPK en différents types selon les symptômes exprimés. (pour en savoir plus sur les types de SOPK voir mon article https://mandynat.fr/les-4-types-de-sopk/)

Le traitement médical du SOPK

 

Le SOPK ne se soigne pas, on peut seulement améliorer le confort de vie des patientes. Il s’agit d’un trouble chronique, expérimenté tout au long de la vie.

Le traitement du SOPK est uniquement symptomatique et ceci jusqu’à la ménopause. Il repose sur une amélioration de l’hygiène de vie, un traitement médicamenteux en cas d’hirsutisme et/ou d’infertilité, et un accompagnement psychologique lorsque cela s’avère nécessaire.

En cas de surpoids, une perte d’environ 10% du poids initial semble réduire l’excès d’androgènes, favoriser le retour des règles et améliorer la fertilité. Le maitien d’un poids sain permettra aussi d’éviter les risques de complications métaboliques telles que le diabète de type 2.

En cas d’hirsutisme (excès de pilosité, pour plus d’informations voir mon article : https://mandynat.fr/hirsutisme-poils-indesirables/), une pilule œstroprogestative est recommandée en première intention.

En cas d’échec de la pilule œstroprogestative, le traitement repose sur un anti-androgène (acétate de cyprotérone) combiné à un œstrogène naturel.

Une éventuelle résistance à l »insuline est quant à elle traitée par des mesures de changement alimentaire et d’exercices physiques, puis par des médicaments antidiabétiques oraux si cela devient nécessaire (Metformine notamment).

En cas d’infertilité avérée, un parcours en PMA puis FIV peut être suggéré aux patientes concernées.

Quels remèdes naturels pour le SOPK ?

 

La prise en charge en naturopathie se fait en 3 axes :

  • une alimentation anti-inflammatoire privilégiant des sucres à indices glycémiques bas ;
  • de l’exercice physique adaptée à la personne pour accompagner une éventuelle perte de poids et réguler les hormones ;
  • un accompagnement à la gestion du stress et des émotions grand facteur dans l’expression des symptômes du SOPK.

Eventuellement, la prise en charge peut comprendre des compléments alimentaires à base de plantes, de vitamines et de minéraux.

L’alimentation anti-SOPK

 

L’alimentation doit être la plus naturelle et équilibrée possible. On se tournera vers un régime hypo-toxique et anti-inflammatoire au maximum.

Les aliments à éviter sont en particulier les aliments à index glycémique haut (pâtes, riz, pains et farines blanches, le sucre, les dattes, les féculents trop cuits) et les graisses inflammatoires (les fritures, les huiles végétales rances, l’excès de graisses animales, la cacahuète). L’alcool, les grignotages et repas trop rapprochés sont des facteurs aggravant également.

Les aliments à privilégier pour assurer un bon équilibre de la glycémie sont : les féculents en petite quantité et pas trop cuits. On choisira les céréales (riz, blé, épeautre…) sous forme semi-complètes. Les aliments anti-inflammatoires comme les Oméga-3 (hareng, maquereau, sardines en marinades, huiles de lin et de noix).
En outre, la luzerne (ou aflfafa) pourra être consommée souvent pour son action anti-LH.

Par ailleurs, veiller à avoir un microbiote équilibré par la consommation régulière de fibres (légumes verts à feuilles notamment) participe d’un bon transit et permet de mieux éliminer les hormones par la digestion.

L’exercice physique : remède naturel contre le SOPK

 

Pratiquer une activité physique est bénéfique pour nos corps :

  • pour éliminer tout ce que le corps doit éliminer pour rester en santé (toxines, hormones, résidus cellulaires…);
  • pour dépenser de l’énergie qui lorsqu’elle stagne cause une plus grande fatigue;
  • favorise le fonctionnement optimale des organes et muscles sollicités par l’effort physique (coeur, poumons, reins, peau …).

Etre dans le mouvement apporte des bienfaits mentaux :

  • favorise la détente en mettant en veille le brouhaha mental;
  • permet d’avoir une meilleure image de soi;
  • redonne confiance en soi, en ses capacités physiques mais aussi mentales (relever des défis, force mentale).

Enfin se dépenser, améliore la qualité du sommeil et donc indirectement notre état d’esprit.

Contrairement aux idées reçues l’activité physique qui vous aidera à réguler vos symptômes n’est pas forcément une activité intense comme le running ou la pratique fitness du HIIT.

C’est surtout une activité qui vous plaît, durant laquelle vous prenez du plaisir et qui n’empire pas ni votre fatigue chronique ni votre inflammation.

L’important est d’y aller progressivement, en respectant votre rythme et d’être bien accompagnées.

Quelques activités bénéfiques pour les troubles hormonaux, les maladies chroniques :

Marche rapide;
Vélo;
Natation, aquagym;
Yoga (tous types), pilates, étirements;
Renforcement musculaire avec poids.
(liste non exhaustive)

Le choix dépendra de vous, de vos besoins, et du temps dont vous diposez. Pour en savoir plus, consultez mon article : https://mandynat.fr/meilleures-activites-physiques-pour-le-sopk/ 

Gestion du stress et SOPK

Le stress, l’anciété voir la dépression ont été reconnus comme à la fois des symptômes du SOPK mais aussi des facteurs aggravants du déséquilibre hormonal qui le cause.

Lorsque la situation de stress perdure et que le système nerveux n’arrive plus à trouver son équilibre (activité/repos), les hormones du stress viennent concurrencer la production des hormones sexuelles car elles ont la même origine.

Votre organisme se retrouve face à un choix : vous sauvegarder à tout prix face à cette situation stressante (SURVIE) au détriment de créer la vie (CONCEPTION). Si vous n’arrivez pas à concevoir, demandez-vous : suis-je en sécurité (émotionnelle/ matérielle), ai-je assez d’énergie pour accueillir la vie ? Votre corps sait !

Quelques outils pour vous aider à traverser les périodes de stress intenses :

La cohérence cardiaque

L’exercice se résume par le « 365 » : 3 fois par jour, 6 respirations par minute, pendant 5 minutes.

Il suffit d’inspirer sur 5 secondes et expirer sur 5 secondes (en comptant lentement jusqu’à 5), il est conseillé d’inspirer par le nez et d’expirer lentement par la bouche comme si vous souffliez dans une paille.

Vous trouverez des vidéos pour vous aider dans votre pratique sur Youtube (https://youtu.be/bM3mWlq4M8E) ou bien vous pouvez télécharger l’application pour mobile RESPIRELAX (gratuite).

Méditation (guidée ou non)

Pratiquer la méditation en pleine conscience 10 min par jour (ou plus, selon vos envies).

Vous trouverez de nombreuses vidéos qui vous aideront sur Youtube. A titre personnel, j’aime beaucoup les méditations de la psychothérapeute Pascale PICAVET. A vous de trouver la personne dont la voix et le discours sont agréables à écouter, pour vous.

Yin yoga, Hatha yoga

Les postures de yoga alliées à une respiration en conscience permettent de se concentrer sur les ressentis de son corps et de lâcher les pensées, débrancher l’esprit quelques instants. Les sensations de bien-être croporel et les étirements autorisent le passage en mode « détente » faisant baisser ainsi la production des hormones du stress.

Vous trouverez des séances guidées en libre accès sur YOUTUBE, j’affectionne particulièrement la chaine YOGACOACHING d’Ariane. (pour en savoir plus : https://mandynat.fr/stress-quel-impact-sur-vos-hormones/)

Si vous aussi en avez marre de souffrir à cause de vos règles et de ne pas être accompagnée comme vous l’aimeriez : la naturopathie de la Femme chez MANDYNAT est peut-être faite pour vous !
Découvrons ensemble comment retrouver équilibre et sérénité !
Appel découverte gratuit : www.calendly.com/mandynat

sources : 

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2015/revue-medicale-suisse-477/syndrome-des-ovaires-polykystiques-quoi-de-neuf 

https://www.inserm.fr/dossier/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk/ 

https://www.inserm.fr/dossier/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk/ 

https://mymoonflow.fr/2021/01/07/sopk-symptomes-remedes-naturels/#SOPK_les_remedes_naturels 

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